Concerts — 25 novembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

Comme chaque année à la même période, le beaujolais nouveau fait son apparition ; hasard ou coincidence, c’est toujours à la même période que Monster Magnet choisit Paris pour son concert annuel dans l’hexagone.

Manque de bol ce soir là, il y a en même temps Motörhead et Anthrax au Zénith et même si on sait qu’il faut en profiter pour voir Lemmy le plus possible, il est m’est impossible de rater mon rendez vous annuel avec Dave Wyndorf et ses petits montres. A bien y réfléchir , je n’ai jamais raté un concert parisien du Monstre depuis 1991, date à laquelle nous les avions vu pour la première fois en première partie de Prong à l’Espace Ornano (et on peut pas dire qu’il y avait foule à l’époque !). Depuis cette période, le groupe a arpenté toutes les salles possibles et inimaginables (de Bercy à l’Arapaho, de l’Elysée Montmartre à la Maroquinerie) pour défendre leurs 8 albums tous aussi riches les uns que les autres, distillant un Rock psyché aux fortes influences stoner , puisant leur inspiration dans les Comics américains Marvel etc…


La salle est au trois quart remplie pour la première partie, My Sleeping Karma, formation allemande crée en 2005. Ce quatuor propose un rock stoner bien psychédélique, en interprétant que des morceaux instrumentaux, agrémentés de nappes musicales bien perchées sorties du claviériste, complètement caché sous sa capuche et sa casquette.

L’interprétation est solide et les musiciens proposent un set efficace, bien planant, idéal pour nous mettre dans l’ambiance de la soirée. Très bon accueil de la part du public .

Ce qui est bien avec une salle comme la Maroquinerie, c’est que la scène est tellement petite qu’il ne faut pas plus de 10 minutes aux roads pour préparer le kit du groupe principal. L’espace entre la batterie et le devant de la scène ne devant pas dépasser les 2 mètres, on se demande comment font les groupes pour évoluer dans un tel mouchoir de poche.

Et c’est Garrett Sweeny (remplacant de Ed Mundell à la Lead guitar depuis 2010) qui arrive le premier, suivit de Jim Baglino à la basse et Phil Caiveno à la seconde guitare.

Le groupe est là ce soir pour interpréter son premier album   » Spine of God » (si on excepte l’ EP Monster Magnet sortit en 1990) dans son intégralité plus des « hits ». c’est un concept usuel chez Monster puisque l’année dernière ils étaient venus dans cette même salle jouer leur album le plus connu, « Dopes ton infinity ». Avec la crise du disque actuelle, beaucoup de groupe n’ont plus que les tournées intensives pour seule rentrée d’argent (et on va pas s’en plaindre).Mais à la différence de certains qui ressortent à chaque fois un best-of, Monser Magnet nous offre une facette différente de leur discographie et c’est le batteur Bob Pantella qui va pas nous contredire en commençant le set par la longue intro à la batterie de « Pill Showel ».

Le leader Dave Wyndorf arrive sous les vivas du public et là c’est la grosse surprise ; ou alors il est partit en vacances avec le Docteur Dunkan ou il a fait un stage intensif chez Weight Watchers car le bonhomme a beaucoup maigri. En effet ces derniers années c’était plutôt Barpapa « j’ai trop mangé à la cantine » , le visage bouffi et surtout je me rappelle d’un concert à la Machine il y a deux ans où il était engoncé dans son blouson en cuir tel un bibendum michelin.


Ce soir, arborant un perfecto sous lequel on perçoit un tee-shirt avec un pentagramme où est écrit dessus Satan, Dave se cale sur son pied de micro, le sourire espiègle en coin, la guitare en bandoulière et on sent qu’on va s’en prendre plein la tronche. Le chant est clair, puissant et ca nous fait plaisir de le retrouver en forme. Certes ce n’est plus l’éphèbe muscle en cuir moulé qui faisait palir de jalousie Rob Halford et les Village people réunis, mais on voit qu’il a retrouvé du tonus et enchaine sur un » Medecine » qui défile à 300 Km/h.

Les gars sont pas la pour rigoler , ils veulent nous en mettre plein la gueule en jouant tout les morceaux de » Spine of God » dans l’ordre exact. Même pas le temps de souffler sur l’intro lancinante de « Nod scène » (qui introduisait les show de la Machine en 2010 et du Hellfest en 2011) que Phil à la guitare et Jim à la basse , toujours sur le côté droit de la scène et totalement inséparables se tirent la bourre en mettant les gaz bien fort. On peut plus les retenir et très vite on s’aperçoit que Phil prend le lead ce soir sur l’autre guitare ; en effet , Garret est un gars aussi efficace qu’effacé ; toujours à la gauche de Dave et complètement absorbé dans le noir. A ce propos on ne peut pas dire que ce soir la Maroquinerie nous ait gâté en terme de lights. C’est sur on vient pas voir Jean-Michel Jarre mais quand même quelques projecteurs de façe n’aurait pas été de refus.


Le ventilateur habituellement placé sous Dave fonctionne a plein régime et du coup ses cheveux soulevés autours des oreilles lui donne des airs de diablotin. Le dos au public, il bidouille sans cesse sur son rack guitare placé sur un ampli Marshall et sort des effets totalement psychédéliques.

La salle est quasi comble et le Monster veut nous prendre à a gorge avec un « Black Mastermind » qui déchaine la fosse. La version initiale étant de 8 minutes, celle-ci fait biens 15mn avec un Phil totalement déchainé qui se place devant la scène et enchaine solis de malade tandis que Jim arpente la « scène » de long en large (c’est-à-dire il doit avoir 2m² pour s’exprimer ) et balance dangereusement sa basse devant les visages du premier rang (finalement j’ai bien fait de mettre sur les marches).

Il fait toujours aussi sombre sur la scène et à mon avis l’ingénieur lumière est partit s’en coller un dehors. A ce propos, on commence a sentir de bonnes odeurs de cigarettes qui font rire dans la salle et c’est plutôt de bon aloi car Garett enfile une guitare sèche et on a droit à un « Zodiac Lung » de toute beauté. Dave est en voix et surjoue ses personnages imaginaires, haranguant la foule, faisant des signes au lointain. Il est dans sa bulle et à chaque fois ca marche ; sa voix nasillarde si particulière nous entraine dans sa folie, son univers malsain.


Sitôt Jim revenu sur scène « Spine of God » et « Snake danse » s’enchainent toujours à un rythme supersonique. C’est avec grand plaisir que je découvre pour la première fois « Sin’s a Godd Man’s Brother » avec son influence si Stoogienne et on se croirait sur une plage de Californie avec des gonzesses en bikini qui se trémoussent sur des rythmes endiablés. Sauf que je suis pas à la plage, c’est l’hiver, qu’on est dans le onzième et que les nanas autours de moi c’est plutôt » soirée femme chauffeur de bus ». Comme dirait l’autre, Bref.

Et c’est donc sur un « Ozium » bien barré que le groupe se retire avant la deuxième partie, c’est-à-dire « les hits ».

En fait de hit, le groupe va piocher dans son premier LP « Monster Magnet » et nous ressortir trois raretés « Murder », « Freakshop USA » et l’indéboulonnable « Tractor ». et là je dis bravo, car au lieu de nous ressortir les hits attendus comme « Space lord » ou « powertrip », Monster Magnet joue la carte de l’intégrité et reste sur cette ligne de base qui est le Monster du début, le brut , le sans fard et c’est cool parceque’est celui qu’on préfère. Alors oui, ce concert était destiné aux aficionados les plus fidèles mais vu l’acclamation générale au bout d’1h45 de concert, tout le monde a pris son pied.


Les mecs de Monster ne sont peut être pas les plus expressifs sur scène mais à les voir discuter avec le public dans la salle à la fin du concert (ca devient une habitude !) on ne peut que se féliciter de suivre ce grand groupe au fil des ans.

Voir Dave Wyndorf en si grande forme fait plaisir, et comme nous le confiait Jim le bassiste à la fin du show, un nouvel album est en préparation !

Ce groupe ne sera jamais au Panthéon des plus grands groupes de tout les temps, mais dans le Grand livre du Rock, il tient une place bien particulière tant son influence et sa renommée sont grandes.

Et pour le coup pas besoin de s’appeler Madame Irma pour savoir où on se retrouvera l’année prochaine à la même heure !


photos et review by GREG DRAY


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