Concerts — 15 novembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

LE 11 NOVEMBRE 2012-11-1

 

Après la sublime branlée que nos bleus ont infligé aux Wallabies la veille au Stade de France, on était en droit de se demander s’il était bon d’être australien à Paris en ce froid mois de novembre.


Ou plutôt si cela n’était pas plutôt une excuse pour nous foutre une belle raclée en retour, et l’histoire va nous donner raison.
Retour sur les faits ; nous voilà donc au Divan du monde, salle à moitié remplie pour assister à la première partie des «Electric Mary», «The Sticky boys» : sympathique combo français aux fortes influences qui oscillent entre AC/DC, AC/DC et … AC/DC. le compteur espace/temps semble rester bloqué en 1982, et ce jeune trio arbore un look de la même époque : jean moulé – burnes à poutre apparente, cartouchière (énorme !), veste patchée etc… ils jouent à fond et ca headbangue fort, même si le bassiste doit avoir 3 notes à son répertoire, pardon on va dire plutôt deux.

Ca fait la blague pendant quelques instants pour chauffer la salle, mais au moment où le batteur prend la parole on frôle la catastrophe : mieux que Jean-Luc Mélanchon ou José Bové, il nous prend à témoin (ben oui il dit  »Toi Public ! ») pour nous assurer que nous sommes jeunes, nous sommes fan de rock et que c’est beau, c’est génial… ou le mec est défoncé ou il recrute pour Manpower…

bref, il est salué chaleureusement par les die hard fan du groupe (oui, ils existent, Jean-Claude Bourré les a rencontré et ils sont venus à cinq dans une Fuego) ; deux reprises plus tard, «We love in America» de Kim Wilde et «I Fought the Law» de Junior Murvin (désolé mais je connais pas encore le répertoire du groupe par cœur), le sympathique guitariste chanteur (qui a du prendre des cours par correspondance avec Wall street Institute), nous reprends à partie (encore ! c’est une manie chez ces gens là !) pour nous haranguer avec un fameux «On est qui ? on est quoi ? on est les Sticky Quoi ?»… c’est rigolo mais ca devient franchement pénible. si ce groupe était au 3ème degré, il serait franchement génial mais ca n’est malheureusement pas le cas et je pense qu’une MJC leur conviendrait mieux. Bonne chance les gars !
Au fait… «Sticky What ???»

Issus de Melbourne, les membres d’« Electric Mary » propose un hard-rock couillu super efficace et terriblement accrocheur. Formé en 2003, la formation compte à son actif 3 albums officiels (1 Ep ayant été sortit en 2007) et biensûr de nombreux pressages pour le Japon où le groupe, fort de sa proximité géographique, jouit d’une bonne réputation. Depuis 2011, le groupe s’est lancé dans une intense tournée européenne pour défendre son dernier album en date «Electric Mary» avec six dates en France (dont Ajaccio !) ; sauf que comme me l’apprends ma voisine au fort accent belge (merde c’est peut être un fan de Stinky Toys …), le concert à Saint-Lô a été annulé la veille et donc elle espère qu’ils vont jouer à «couille-rabattu » (véridique)

C’est toutes lumières allumées que le groupe fait lui-même son soundcheck et, une fois la machinée à fumée lancée à plein régime, c’est sur un tonitruant « Let Me out«   que le groupe fait son apparition sur scène. Le son est bon, même si je suis placé devant la scène et que je prends très cher avec les retours, et ça se voit que le groupe a envie d’en découdre . Le leader Rusty arrive sur scène, tout de noir vétu, avec sa barbe et ses lunettes de soleil, il a un faux air d’Orson Welles. D’emblée le groupe met l’accent sur le génial deuxième album « Down to the bon«   avec les excellents « Luv Me  » , « Gasoline and Guns » et « Right Down to the bone« .

Si le guitariste Pete Robinson placé à la gauche de Rusty (et qui est la copie conforme de Geezer Buttler dans le Sabbath des débuts) et le batteur Vénom restent discrets malgré une efficacité sans faille, il en est tout autrement du bassiste Alex Raunjak qui est complètement déchainé. Il court sans cesse d’un bout à l’autre de la scène, n’hésite pas à brandir sa fender bass dans les premiers rangs (j’en sais quelque chose  j’étais juste en dessous), voir se jeter dans la foule pour jouer dans le public.

Rusty est ravit de la bonne ambiance imposée par le groupe et est intenable , enchainant déhanchement avec son pied de micro et mimiques en tout genre. Sur « Crashdown« , tiré du premier album « Four Hands Righ » (complètement passé à la trappe ce soir), l’ambiance est plus posée, on peut apprécier la voix super péchue de Rusty. Alex va se coller contre le dernier venu en date du groupe, le guitariste Brett Wood . Celui-ci avec ses cheveux rasés et sa casquette de chauffeur de taxi parisien détonne dans le paysage mais nous bastonne des solis super pointus, tantôt blues ou carrément jazzy.Carrément en souffrance sur certaine partie, son visage se déforme et ce gars vit sa musique à 200%.

Toujours facétieux, Rusty nous apprends qu’il a apprit deux mots de français lors de cette tournée : « Fromage  » (très original) et surtout « Chat bite ». Il n’en faut pas plus pour qu’ Alex vienne lui toucher l’entre jambe. Placé juste devant lui, je m’aperçois qu’après avoir vidé un pack entier à lui tout seul de Corona, il s’attaque à une bouteille de Calva  (il a la santé le bonhomme !) et repart de plus belle pour headbanguer sur un « Nobodys perfect » repris en chœur par l’assistance. Complètement en nage car emmitouflé dans sa gabardine, Rusty n’arrête pas d’applaudir à tout va et pose devant les nombreux appareils photos et caméras du premier rang : plus généreux tu meurs !

Sur l’intro de « No one Does it better than me« , Rusty souhaite présenter les membres du groupe. Lui coupant la parole, un jeune fan se voit inviter sur scène pour faire les présentations du groupe à la place de Rusty qui n’hésite pas à le prendre dans ses bras. Acclamé par le public, le jeune se voit remercié d’un gentil « Chat bite » de Rusty hilare.

Avec « Reel pain » en guise de premier rappel, l’ambiance est à son comble dans la salle, et même si elle est à moitié remplie, on sent que le groupe veut encore en découdre et, alors que Vénom vient de finir un solo de batterie pas piqué des hannetons, Alex (encore lui) se colle littéralement à Brett et les deux se livrent à un duo parfait basse-guitare ; c’est beau cette proximité , on se croirait dans une publicité pour le jambon Madrange… trève de bêtises, c’est sur « M.B.F » qu’Electric Mary se retire sous les vivas du publics bien mérités après 1h45 d’un show impeccable et jouissif.
A peine les lumières rallumées et on voit déjà le groupe dans la salle, saluer son public, offrir des coups à boire et se faire prendre en photos ; et là je dis grande classe. Non seulement les gars jouent une musique qu’on aime et se défoncent sur scène mais en plus ils ont un plaisir sincère d’être avec leur public et c’est suffisamment rare pour le souligner. Dommage que la salle soit à moitié pleine. J’espère qu’on les retrouvera vite au Hellfest ou ailleurs car ce groupe mérite à être connu par le plus grand nombre.

 

 

Review et crédit photos GREG DRAY pour ROCKNLIVE


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philip.barucq

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