Concerts Non classé — 27 octobre 2012

 

 

 

 

 

 

 

“I Woke up this morning, and found myself dead … «  c’est vraiment ce que j’ai ressenti ce matin en me demand ant si un rouleau compresseur m’ avait anéantit ou si mon viel âge ne me permettait plus de headbanger furieusement

 

Récapitulatif des faits : c’est d’un pas alerte et décidé que je me rends au Bataclan mercredi soir voir Down, trop pressé de les retrouver après la prestation en demi-teinte du Hellfest 2011. Non pas que le groupe fut mauvais , mais surtout à cause de la tempête qui s’était déchainée et qui nous avait empêché de voir le combo sous son meilleur jour.

C’est donc dans une salle archicomble que j’assiste à la première partie, Warbeast, groupe originaire du Texas et signé sur le label de Philip Anselmo, Housecore Records. Lorgnant vers du retro-trash, les americains proposent un set carré mais il faut vraiment être fan de Old School metal pour rentrer dedans. Vers la fin du set, le sieur Anselmo himself vient encourager ses poulains et retourne derrière l’ampli du musculeux grateux pour headbanger et se jeter quelques bonnes bières. Succès garantit auprès du public et le groupe se retire sous une belle acclamation.

 

Il ne faut pas plus de 20mn pour que les lumières s’éteignent et que les membres de Down arrivent sur fond de musique country (harry Nilsson song) ; Peeper Keenan (ex-Corrosion of conformity) et Kirk Windstein (ex- Crowbar) étreignent leurs guitares et commençent l’intro lancinante de « Eyes of the south », tiré du premier album Nola. Puis , sous les cris d’un public chauffé à blanc, Phil Anselmo arrive sur scène, toujours en short treillis, Van’s pourris et un tee-shirt noir portant au dos l’inscription « Classic not classy »… mais on n’est pas là pour parler chiffon et nos amis de la rythmique, Jimmy Bower à la batterie et le bassiste remplaçant de Rex Brown (souffrant) dont je ne connais pas le nom, annoncent la couleur : ca va jouer fort, très fort et vu la patate envoyée sur les fûts on sait que ça va être très lourd ; le son est excellent, les lumières juste ce qu’il faut et pour seul décor une bâche noir avec le logo du groupe.

A peine le morceau terminée, Phil harrangue la foule comme à son habitude et le public le lui rend bien, tant le leader charismatique de feu Pantera est attendu . D’office il enchaine avec le premier single Witchtripper tiré du dernier album, Down IV Part I : The Purple EP. Comme le dit si bien Phil : « appellez cet album comme vous voulez, on s’en branle … l’important c’est que vous écoutiez du Down ! » et c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd tant le public connait les chansons par cœur. »Oppen Coffins » reçoit le même accueil et ce seront deux des trois chansons du dernier album que le groupe interprètera ce soir. Avec Lysergic Funeral procession ( II), le pogo déjà intense dans les premiers rangs s’étends sur toute la salle, chaque personne qui est ramassée dans la fosse par un membre de la sécurité a droit à une claque amicale du Phil, un coup d’œil au balcon et tout le monde headbangue furieusement sous le regard ravi du groupe ; celui-ci n’est pas en reste, Pepper et Kirk s’entendant comme deux larons en foire , c’est à celui qui fait le plus le con devant les photographes ; mais ne nous y trompons pas, ça joue bien, Pepper crée un mur du son avec une rythmique lourde et puissante tandis que kirk assène des solis assasins. Kirk, avec sa bonne tête de Landru, passe vite pour le souffre douleur préféré de Phil, celui–ci ne rate pas une occasion de lui mettre une petite claque sur la tête quand il passe à côté ou de se moquer gentiment de lui.

Sur « Lifer », on voit que Phil a un peu la voix cassée (et ce n’est pas un euphemisme), à force de hurler tous les soirs, c’est clair que ça a des conséquences mais lui s’en fout comme de l’an 40 et continue à nous emmener là où il veut , c’est-à-dire dans les méandres du Mississipi , dans ces bayous où on perd tout espoir de respirer normalement… la musique de Down est intense, son heavy metal est moite, ça suinte de partout mais plus c’est crade et plus on aime car le groupe met l’accent sur Nola, pas loin de 9 titres y sont joués ce soir ! et c’est tant mieux car, aux yeux de beaucoup, il reste le meilleur album du groupe.
« Ghos along the Mississipi » et l’énorme New orleans is a Dying whore nous rappelle aux bons souvenirs du deuxième album. D’une discretion sans faille, le bassiste et le batteur sont impeccables, restant dans l’ombre la plupart du temps mais ils font trembler les murs de la salle ; seul petit bémol, la basse est un peu sous-mixée mais on ne va pas jouer les fines bouches, parce qu’on est pas à la Tour d’Argent, plutôt dans un Dinner crado avec une bande de hells au comptoir et des crocos à l’extérieur !
Mais c’est sur « Temptation’s Wings » que le public s’époumone à plein régime en essayant d’égaler Phil mais peine perdue, avec « Underneath Everything », il écrase toute concurrence possible, avec son timbre si particulier.

 

Le public est exsangue, les gens sont en sueurs, certaines nanas sont carrément en soutif … avant de se retirer sur scène Phil lâche : «  si vous voulez qu’on revienne, vous savez quoi faire ! » ;
Même pas le temps de commencer le rappel, que les membres de Down reviennent, trop pressés de rejouer devant ce public totalement acquis à leur cause et surtout pour nous achever définitivement.
Avant d’annoncer « Stone the Crow », Phil se moque de la bedaine de Kirk mais en soulevant son tee-shirt, on voit que c’est lui qui est plutôt en mode cabine avancée ; et le fameux tatouage Unscared qu’il arborait sur Vulgar Display of Power, ne disparait plus sous les abdos mais explose sur cette nouvelle surface riche, à mon avis, en houblon.
La machine à fumée tourne à plein régime, et c’est sous une lumière rouge que le groupe clôt son gig avec un « Bury me in Smoke apocalyptique » ; sauf que le batteur et le bassiste sont remplacés par ceux de Warbeast et même chose pour Pepper qui confie sa guitare au très musclé grateux dudit groupe (celui-ci ayant passé la plupart du show dans la fosse à boire des bières et faire le con avec Phil).
C’est sous une véritable ovation que le groupe nous salue, les musiciens des deux groupes se tombant dans les bras et témoignent leur réelle affection auprès du public.

Il ne reste plus que Phil et son pote musclor qui commencent à mimer une bagarre et se jeter l’un sur l’autre dans une sorte de roulé-boulé et traversent toute la scène comme ca ! l’un se jetant sur l’autre et vice versa … mais c’est pour mieux se congratuler et Phil se retrouve seul dans le noir avec juste une douche de lumière au dessus de lui. Les mains jointes et le regard haut, il tient à dire sa sincère joie d’être ici ce soir et c’est sur un vibrant «Say goodbye» repris à Capella par le public qu’il se retire. Le public est aux anges car on s’est tous mangés une très grosse claque ce soir.

Jamais un groupe n’aura autant mérité l’appellation «supergroupe», non pas parce que c’est la réunion de membres de groupes célèbres mais surtout parce que ces musiciens sont la preuve qu’on est pas obligé de faire des chichis pour faire un bon concert. Leur discographie est sans faille, même si ce soir le troisième album Over the Under a complètement été oublié, et leur attitude sur scène mérite le plus grand respect. Ces mecs aiment leur musique et le font savoir de la plus belle manière.
Quand à Phil Anselmo, c’est pour moi l’un des meilleurs frontman qui n’ai jamais existé. Outre le fait qu’il est hyper charismatique, ce mec est entier, n’a jamais dévié et est toujours resté fidèle à son public qu’il vénère par-dessus tout, et celui-ci le lui rends bien.
La rumeur veut que Down se produise au Hellfest 2013 et moi j’aimerai bien voir Clisson sous l’ouragan Katrina. Géant !

 


Review et photos by GREG DRAY


 

Share

About Author

philip.barucq

(0) Readers Comments

Comments are closed.