Concerts — 14 octobre 2012

 

 

 

 

 

 

 

LIVE REPORT / OOMPH AU TRABENDO LE 12/10/12


Lorsque je dis aux gens que je vais voir ce soir Oomph ! en concert, ils pensent que je viens d’éternuer ou alors que je viens d’évoquer le nouveau single de Douchka. Qu’on s’y méprenne, Oomph ! est un groupe très célèbre outre-rhin qui a une bonne douzaine d’albums au compteur écumant les scènes européennes depuis plus de 20 ans. Crée avant Rammstein mais oscillant dans le même registre, je les ai connu dès la première heure, séduit par ce mélange entre électro et métal aux fortS accents martiaux. J’avoue que la direction prise ensuite par le groupe, beaucoup plus soft, m’avaIS fait prendre mes distances mais à l’annonce de leur venue parisienne, j’étais curieux de les voir pour la première fois.
Arrivé de bonne heure , j’assiste donc à la première partie, un obscur groupe du nom de Blowsight et là je me dis que je me suis trompé de salle : le Trabendo est plein à craquer d’un public constitué de jeunes filles en fleur totalement hystériques avec en arrière plan les parents venus exprès surveiller leurs bruyantes progénitures.
Je passe sur ce jeune groupe totalement insipide au fort relent Tokyo Hotel (je ne connais pas mais ca doit être du même acabit en terme de daube musicale) et je m’attends donc à voir débarquer les BB Brunes.


Trève de plaisanterie, Oomph ! arrivé à 20h30 précise ( ah la précision germanique) sur une scène constituée de quelques bouées et autre mat d’amarrage, évoquant le décors de mon poissonnier, habillé donc comme il se doit en marin.
C’est sous les cris strident d’une foule en délire que Déro chanteur et leader débarque sur scène habillé en une sorte de super héro, tout en blanc avec un masque rouge et une cape du même accabit. Là je me dis que le mec n’a plus qu’à mettre une grappe de raisin et on va partir sur une Salsa du démon du tonnerre.

 

C’est plutot une corde de brune qui sert d’intro et le groupe entame direct par son dernier single en date « Unzerstörbar » tiré du dernier album « Des Wahnsinns Fette Beute » (ne me demandez pas une traduction j’ai eu 2 au bac). Le public est chauffé à blanc et reprends en chœur chaque chanson du groupe. Celui-ci met surtout l’accent sur les derniers albums en date, et je comprends pourquoi je n’ai plus suivie le groupe : le style est plutôt une sorte de pop-new-wave électro avec quand même deux guitares qui donnent un ensemble bien péchu.
Déro danse comme un beau diable, ne ménage pas sa peine et ne manque de remercier le public totalement acquis à sa cause. Après 30 minutes d’un show qui a démarré sur les chapeaux de roue, notre ami chanteur, qui a retiré son loup peut être de peur qu’on ne le reconnaisse pas, remercie les gens qui l’ont inspiré et dédie sa prochaine chanson au God of métal hilmself, Rob Halford. Inutile de dire que dans la salle personne ne connait le chanteur de Judas Priest.

Bref, le groupe entame donc « Kleinstadboy » , une sorte de remix du fameux « tell me why » de Bronskie beat et le résultat est super accrocheur. Evoquant leur début, on a droit aux excellents « Mein Herz » et « Der Neux Gott » du premier album et là le groupe prends une autre dimension : ça joue fort et bien, on est passé à trois guitares puisque le préposé aux percus est venu prêter main forte. Il n’y a pas à dire, la langue de Goethe, si difficile d’accès, se prête merveilleusement bien à ce style de musique.
Fort bien applaudit, le groupe se retire sur scène laissant seul Déro et le clavier entamer une sympathique ballade en acoustique «Regen» où l’on s’aperçoit que le chanteur, même s’il a l’air un peu tarte avec son maquillage à la Beetljuice a quand même une belle voix.



Le groupe revient et l’on voit Déro slammer sur le public sur le sautillant «Niemand». Ca se gatte un peu sur le titre d’après, «Seemannsrose» où on a droit à une sorte de musette avec de l’accordéon et on se croit dès lors à la fête de la bière à Munich et je guette du coin de l’œil la scène où je m’attends à voir débarquer Patrick Sébastien pour faire un tourner de serviette. Contre toute attente, c’est un franc succès dans la salle et je me dis que je ne suis vraiment pas en terrain conquis ce soir.


En guise d’introduction pour «Mitten ins Herz», Déro demande à l’audience de faire un wall of death dans le public. Mais demander ça à de jeunes ados pré-pubères qui hésitent entre se percer les boutons ou perdre du poids c’est un peu peine perdue… le morceau commence et donc c’est un bide total : on est loin du Mosh pit d’Exodus au dernier Hellfest !!! Dommage.
Avant d’entamer le fameux «Sandmann» dédié aux enfants pauvres d’Europe, notre ami chanteur demande au public de s’imaginer un accouplement entre François Hollande et Angela Merkel. Si moi ça me fait un peu rire, je m’aperçois que notre jeune auditoire ne voit absolument pas qui est ce fameux Merkel, peut être le méchant dans le dernier épisode de Dora chez les Gothiques. Et c’est donc sur un « ugen Auf !» rageur aux guitares bien lourdes que le groupe se retire au bout d’une heure quarante pour son premier rappel.
Il revient tout de suite après pour enchainer sur «Aus meinr Haut» et bien «sur l’hymne » Gott ist ein postar» super dansant qui déchaine la salle et conclut ce set efficace sous les vivas du public.
Oomph ! a forcément souffert de la comparaison avec le géant Rammstein. Là où l’un a percé dans le monde entier avec une musique de plus en plus violente, noire, agressive et des sujets provocateurs, l’autre a eu tendance à devenir plus mainstream dans son approche. C’est pour cela que mon avis n’est pas très objectif. Oomph ! en concert c’est comme si on est sur une Autobahn : c’est carré mais il n’y a pas de place pour l’improvisation.



Mais bon, ne faisons pas le fine bouche, notre jeune public du Trabendo pris son pied  ce soir et c’est bien là le principal.


Auf Wiedersen !

by Greg Dray pour RockNlive

credit photos/ Greg Dray

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