Concerts — 03 octobre 2012

 

 

 

 

 

 

 

En me rendant ce soir au Trabendo, je suis bien évidemment passé devant le Zénith et me souvenir qu’il y a tout juste 15 ans, Sepultura au fait de sa gloire y tenait un concert dantesque pour la sortie de « Roots ». C’est donc plein de nostalgie, que je me rends au concert de Soulfly qui est venu défendre les couleurs de son dernier album « Enslaved » à l’occasion de sa tournée européenne

Il y a donc trois groupes ce soir. Arrivé en retard, j’ai raté Lody Kong, combo que je ne connais pas mais au nom qui me fait plutôt penser à une boite de corn flakes : « hey les gars on va voir Chocapic ce soir en concert ? ». Bon, j’arrête mes bêtises puisque Incite rentre sur scène ; ce sympathique groupe de Trash old school fait son office avec un entrain communicatif. La salle se remplissant peu à peu, les musiciens ne ménagent pas leur peine et rencontre un accueil chaleureux.


Me voilà donc installé dans le pit réservé aux photographes. On va plutôt dire une tranchée de 20cm de largeur, qui sépare la scène du public. Celui-ci ressemble plus à une faune de chevelus énervés sortis tout droit de Braveheart , prêt au combat , qui s époumonent dans mes oreilles et s’amassent contre les crash barrière.

Les lumières s’éteignent et Max Cavalera arrive sur scène sur une Intro bien métal si puissante , surtout quand on est devant son retour de guitare, qu’elle peut vous fait sauter tout les plombages sans passer par la case dentiste.


Comme à son habitude, Max est tout de treillis vétu , coiffé de ses éternelles dreads rouge. Il s’amarre à son pied de micro fait d’une grosse chaine métallique et attaque direct avec « World Scum », single du dernier album en date. Le public, fort d’une fan base solide, connait les refrains par cœur et on enchaine sans temps mort sur l’excellent « Blood Fire War Hate » de l’album Conquer (2008). Le son est bon, ca joue velu. Très même, le bassiste Tony Campos a des faux airs de Kerry King et accompagne sans problème Max aux chants

Première reprise de Sépultura avec l’hymne « Refuse /Resist » et Max demande au public de faire un circle pit. Derrière ses fûts, David Kinkade nous assène tranquillement des salves d’artilleries mais à le regarder on a l’impression que le bonhomme pourrait tartiner ses biscottes tellement il joue décontracté : très impressionnant.

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Avec « Execution style » de l’album Prophecy et « Frontlines » de Dark Ages, on voit que le groupe ne veut laisser aucun album de côté. « Prophecy » et « Primitive » enfoncent le clou.

Un peu dans l’ombre, Marc Rizzo, tout de muscle sortit, alterne les riffs assasins et headbangue comme un beau diable.

Les morceaux s’enchainent vite et on repart sur du Sepultura avec « Propangada » et « Territory », le public reprends à l’unisson ses brulôts trash, intemporel et toujours aussi efficace. Petite surprise, Max commence les premières notes de « Walk » de Pantera et la salle se met à rêver quelques secondes.


Retour au dernier album avec « Plata O plomo », chanson en portugais où Tony Campos gueule aussi fort que Max. Puis arrive la Cavalera family : les trois fils de Max. Zion s’installe derrière les fûts et les deux autres fréres accompagnent Max au chant pour un « Revengence » apocalyptique. Si les deux jeunes chanteurs sont plutôt la pour la farce en hurlant d’une manière inaudible dans le micro et en headbanguant comme des tarés, c’est une tout autre affaire avec Zion. Le gamin, qui doit avoir pas plus de 20 ans ( pour mémoire le » Zion’s heartbeat in utero » qui introduit l’album génial Chaos AD en 1993…) est super talentueux et on s’imagine les cours de batterie sur les genoux de Tonton Igor. Ca doit être sympa les gigots dominicaux chez les Cavalera !


Déjà repartit en coulisse pour un premier rappel et Max revient en entonnant « Angel of Death » de Slayer , si au chant c’est pas du Tom Araya, par contre à la guitare ca le fait carrément. Après avoir remercié le public, le groupe assène un « Roots » qui bizarrement est moins puissant que les précédentes reprises de Sépultura.

De retour pour le second et dernier rappel, le groupe finit sur un « Eye for an Eye » sympathique, où Max salue chaleureusement son public et brandit un drapeau français avec le logo du groupe en plein milieu.

Petit coup d’œil à la montre, 1h20 de concert… un peu juste. Il faut dire que la salle était à moitié pleine et dans ces conditions on se doute que le groupe a fait sa part du job, sans plus. Pour preuve, lorsque Max demande de former un circle pit à un public qui doit compter à peine plus de 200 personnes dans la fosse, ca doit faire bizarre pour un groupe qui joue souvent devant des milliers de personnes en festival.


Qu’a cela ne tienne, Soulfly est toujours une valeur sure de la scène trash métal, même si on a le secret espoir qu’un jour Sepultura se reforme avec ses membres d’origine, tant ses morceaux tiennent la distance et se bonifient avec le temps, comme du bon vin. A vot’ santé Messieurs Dames !


Review by Greg Dray

Credit photos Greg Dray

Merci à Karine Sancho (Roadrunner records)

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