Concerts — 30 septembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

Greg notre journaliste de RockNlive était hier soir au Casino de Paris pour le passage de Colour Haze, il nous livre a chaud sa review, impossible pour lui de dormir de suite après se voyage dans leur univers.

 

Bon je vais pas jouer au mytho, il y a peine 6 mois je n’avais jamais entendu parler de Colour Haze. Je les ai découvert complètement par hasard à Clisson en Juin 2012, où j’étais venu me réfugier de la pluie battante sous la tente « The Temple » et surtout j’attendais avec impatience Orange Goblin.  Ce concert fut pour moi la grosse claque du Hellfest 2012.

Aussitôt rentré à Paris je me jetais sur le net pour en apprendre plus sur ce groupe incroyable de la scène Stoner.

Né au milieu des années 90, Colour Haze est une formation allemande avec une discographie riche d’une dizaine d’albums. Mis à part le fondateur du groupe, le  guitariste / chanteur Stefan Koglek, le line up est stable depuis 1998.

 

C’est dire si j’avais hâte de les retrouver ce soir au Nouveau Casino. D’abord, la grosse surprise fut de découvrir une salle archi comble avec un public assez jeune et  de tout horizon. Le merchandising se situant à l’étage de la salle, on assiste plus à une sorte de convention du disques où sont étalés de nombreux vynils avec des groupes stoner totalement inconnus mais à la vitesse avec laquelle partent les disques on s’aperçoit qu’on a à faire à un public de connaisseurs.

A 20h00 précise, le groupe arrive sur scène les lumières encore allumées. L’affiche annonce 3 heures de concert et c’est tout naturellement que mon voisin de droite me souhaite « un bon voyage ».

Comme au Hellfest, le groupe démarre son set avec un instrumental de 20 minutes et on se sent déjà transporté dans un autre univers. Le son est clair, juste ce qu’il faut. Derrière le trio, l’écran diffuse des images new-age : des champs de maïs, des montagnes, des ruisseaux, la pluie…

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D’emblée, Stefan empoigne sa Les Paul avec virtuosité et ne va pas arrêter durant tout le concert.

A sa gauche  , le bassiste Philipp Rasthofer est le sosie parfait de Christophe Wilhem. Avec sa chemise en imprimé cachemire emrunté à Jean-Pierre Mader sur la tournée » Star des années 80 », le bonhomme ne va pas bouger d’un iota pendant tout le set, délivrant durant tout le show une partition parfaite.

Les influences de Colour Haze sont multiples : Led Zep, Black Sabbath, Deep Purple … mais au fur et à mesure des morceaux on ne peut s’empêcher de penser à Santana ou aux premiers Zappa. Mais c’est là la force du groupe,autant de références pour créer un son unique .

Avec des morceaux en grande majorité instrumentaux et d’une durée moyenne de 10 à 15mn ( !) ils nous font voyager à grands coups de solis ou de break mid tempo.

Au fond, caché derrière ses fût, Manfred Merwald fait preuve d’un talent sans faille. Sa manière de toucher ses peaux et de tenir ses baguettes, je suis sur que le gaillard a une formation de Jazz : il ne s’arrête jamais , toujours à l’affut, frappant dur ou peu, répliquant à l’unisson aux solis sans fin de Stefan.

 

Je ne connais pas toute la discographie par cœur du groupe donc il m’est difficile d’établir une set list complète mais à force de les écouter depuis 4 mois, je réussis à reconnaitre certains morceaux.

Sur « Transformation », un second guitariste apparait ainsi qu’un clavieriste. Si le nouveau guitariste n’apporte rien de nouveau, il en est tout autrement de l’homme assit derrière son orgue Hammond. La puissance apportée nous fait aussitôt penser à du Deep Purple grand cru et le public ne s’y trompe pas. Totalement hypnotisé depuis le début et plutôt enclin à se déhancher lascivement, les morceaux deviennent de plus en plus hard et la salle comme un seul homme ne tarde pas à headbanger joyeusement.

On sent que le groupe prend son pied devant un tel accueil et continue d’enchainer les morceaux avec maestria. Les musiciens sont excellents et le prouve au fur et à mesure. Peu bavard, le chanteur remercie timidement son public , peut être est-il surpris d’un tel engouement.


 

Sur « Love » et « Peace, Brothers & Sisters », c’est du délire dans la salle. Il fait très chaud mais tout le monde s’en fout, persuadés d’ assister à un moment exceptionnel. On est complètement transporté d’un espace à l’autre : le rock psychédélique des allemands est d’une force incroyable, alternant des breaks très calme où l’on devine à peine  les instruments pour enchainer direct sur des riffs d’une lourdeur imparable. Sur certains morceaux on ne serait pas plus étonné de voir Ravi Shankar assit sur une enceinte avec son Sitar à la main. Peut-être l’odeur des cigarettes qui font rire allumées à foison dans la salle y sont pour quelque chose. C’est simple, on est pas rue d’Oberkampf, mais plutôt sur un des anneaux se Saturne.

Au bout de 2h45 de concert, Stefan nous annonce qu’ils leur restent trois minutes avant de quitter la scène. Ils enchainent avec un « Sundazed » au final raccourcit qui s’arrête un peu comme une queue de poisson (peut-être le seul petit bémol de la soirée). La salle acclame le groupe comme il se doit, les membres nous salue très respectueusement , les mains jointes à la manière bouddhiste.


Colour Haze nous avait promit un concert XXL, les munichois ont tenu parole et plus que cela. Ils ont prouvé qu’on est pas obligé d’en faire des tonnes sur scène, de s’habiller comme un vampire en crachant du sang ou comme un chat venu de l’espace pour faire un grand groupe.

C’est sur qu’ils ne rempliront jamais le Stade de France, ne vendront jamais des millions d’albums ou ne feront pas la couverture de Rolling Stone avec Lady gaga, mais au-delà de tout cela , on peut parier que d’ici peu ils gagneront le statut très envié de groupe Culte.

Et  comme disait l’autre « Veni, vidi, vici » : j’ai vu ce soir un  groupe exceptionnel, les dignes héritiers de Kyuss : Respect !


Review et photos by GREG DRAY pour RockNlive.

HELLFEST 2012

 

 

ColourHazemyspace

 

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