Concerts — 22 septembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

La nature est mal faite. En cette rentrée morose et plutôt calme, il fallait faire un choix cornélien entre Fu Manchu à La Maroquinerie et The Cult au Bataclan. Mais comment ne pas résister au plaisir de revoir pour la énième fois un groupe que je suis depuis 28 ans ( !).

 
Nous voilà donc au Bataclan, la salle est à moitié remplie et le public est plutôt composé de quadra voire plus, ca sent le « Die Hard » fan ; je passe très rapidement sur la première partie « Gun », trop occupé à discuter au bar avec mes potes.
Un concert du Cult, c’est un peu comme la loterie ; on ne sait jamais à quoi s’attendre selon l’humeur des musiciens. Il faut dire que les membres originels du groupe , Ian Astbury et Billy Duffy , ont un lourd passé d’excès et de conflit en tout genre. Pour preuve les splits et changements incessants de Line Up au fil des années.

 
A 20h30, les lumières s’éteignent au son d’un chant liturgique, déjà utilisé au Hellfest 2011. Le groupe arrive en passant derrière la batterie et on a la surprise de voir un ian Astbury moins bouffi qu’en 2011. Habillé sobrement en noir avec un blouson en moumoute , les cheveux en chignon et son éternel paire de ray-ban fixé sur le nez, on est bien loin du chanteur boudiné dans son blouson flashy qui laissait entrevoir une légère surcharge pondérale …

 
Son comparse de toujours se positionne sur la gauche de la scène accompagné de sa légendaire guitare Gretch White Falcon, tandis que prennent place Chris Wyse à la basse et Mike Dimkitch à la guitare rythmique. Et ca part direct sur un « Lil devil » bien couillu : le son est bon, la voix est claire et surtout l’arrivée de John Tempesta (ex- White Zombie) derrière les fûts marque la différence. On enchaine en un clin d’œil avec « Rain », du mythique album « Love » et la batterie si puissante nous donne une version différente du morceau , plus hard.

 
Ian remercie le public et on a l’impression que le bonhomme en a finit avec ses vieux démons, sa performance du Hellfest 2011 où il était complètement ivre sur scène nous avait fait craindre le pire. Après une petite vanne sur un spectateur qui prend des notes au premier rang, il nous présente « Honey From a Knife », single du dernier album en date , l’excellent « Choice of Weapon ». Même après tant d’années, les Cult ont réussit à garder ce son si originale , reconnaissable entre tous, bien sur grâce à la voix incomparable de son charismatique chanteur mais aussi au son si particulier de ce guitar héro de Billy Duffy. Le garcon est concentré comme jamais sur son manche, le regard fixé sur son rack et ses riffs incisifs.

 
Back to « Love « avec « Nirvana «  , Ian est décidément en voix , se déhanche au rythme de son éternel tambourin et on a droit a une très belle prestation de John Tempesta qui n’est visiblement pas là pour cueillir des fleurs. Je n’en dirai pas autant de Chris Wyse, bassiste au charisme d’une paire de chaussette, et Mike Dimkitch, guitariste aussi inutile que effacé . Cela dit, le bonhomme a l’intelligence de passer le plus clair de son temps au fond de la scène dans le noir. Je n’arrive pas à comprendre l’apport de ce guitariste alors que ce groupe a toujours fonctionné en quatuor.

 


Les titres s’enchainent et il est clair que le groupe fait la part belle sur leur dernier album en proposant pas moins de quatre titres. Ian annonce alors un titre plus heavy « Rise » de l’énorme « Beyond Good and Evil » mais il a l’air de s’emmêler les pinceaux avec la setlist scotché à ses pieds et c’est alors que Billy vient à son aide. Stupeur dans la salle : on s’aperçoit que les deux bonhommes d’adressent donc la parole et surtout que Billy est donc capable de sourire !

 
Comme back again avec « Spiritwalker » du premier album pour le plus grand plaisir du public pour finir avec un « Wiild Flower » énorme et forcément, leur plus grand hit « she sells sanctuary ».
Ian remercie avec conviction le public et explique qu’en raison du couvre feu imposé par la salle, ils sont obligés de finir le concert.
Ian détache ses cheveux et enlève ses lunettes et c’est avec un « Love Removal Machine » apocalyptique, ponctué de soli assasins de Billy et de frappes dignes d’une DCA de John, que The Cult finit son show parisien.
Le groupe est acclamé par le public , Ian salue ce public parisien cher à son cœur et Billy quitte la scène, un large sourire aux lèvres.

 
Coup d’œil à la montre il est 21h50. Soit 1h20 de concert et là on ne peut qu’être très frustré surtout lorsque la place est à 40€ dans la fosse et 75€ au balcon !
Qui du groupe ou de la salle pour décider de faire un concert si court, parceque là, c’est pas un concert c’est un concerto , où alors il faut marquer sur les billets que c’est un show case entre amis.

 

Bref, si le groupe nous avait gratifié d’une bonne dizaine de morceaux supplémentaires, et ils ont le choix les bougres avec la tonne de hit qu’ils ont en réserve, on aurait pu se dire que ce concert aurait été génial.
Alors ce soir on aura pas eu un « Love », un « Wild hearted son » ou un « Eddie Cia baby », mais on peut se consoler de notre frustration en se disant que The Cult est quand même un putain de bon groupe de hard et, qu’il est repartit sur de bonnes bases et qu’on a pas finit de les revoir, pour notre plus grand bonheur.

 

Propos recueilli par Greg Dray pour RockNlive

Crédit photos : Philippe Barucq pour RockNlive

 

 

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